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WIMME - Bàrru Près de trois ans après Cugu, le chanteur sami Wimme SAARI, devenu une référence obligée des musiques ethniques nouvelles de Scandinavie et de Laponie en particulier (voir notre article dans ETHNOTEMPOS n°8), livre son quatrième opus. Cette fois, c’est dans une formule minimaliste que le groupe WIMME s’affiche puisque seulement deux des membres du groupe RINNERADIO sont venus décorer de leurs parures électro-acoustiques les joiks rugueux du chanteur. Les deux musiciens sont du reste devenus producteurs à part entière du disque. Les seuls instruments acoustiques utilisés sont tous à cordes et sont joués par Matti WALLENIUS (banjo, mandoline, guitare, baglama – luth turc – et ukulele). Si d’aventure vos oreilles croisent des tablas ou un didgeridoo, il s’agit de samples. Jari KOKKONEN s’occupe en effet des programmations diverses et variées et des textures synthétiques. Sur trois morceaux, les chanteuses d’HEDNINGARNA, Liisa MATVEINEN et Tellu TURKA, ont été invités à unir leurs timbres fluets et serpentins aux inflexions hypnotisantes du chanteur. A part cela, peu ou pas de changements majeurs chez WIMME qui, depuis son précédent disque, a troqué les puissantes visions mystico-climatiques expérimentales de ses deux premiers opus (Wimme et Gierran, ce dernier étant enfin distribué dans nos contrées) contre une électro-pop «joikée» plus abordable et formatée (la durée de la plupart des morceaux se situe dans une fourchette de 3 à 4 minutes, soit la longueur radio idéale), avec force nappes orientées new age, rythmiques trip-hop et manifestations sonores extra-terrestres. Certaines pièces aux rythmes relevés et «efficaces» (Kalkutta, Cearret) devraient même attirer la curiosité des «teufeurs» un tant soi peu avides d’exotisme bizarroïde. Cela dit, il n’y a pas de concessions de mauvais goût à deceler dans Bàrru. WIMME privilégie les planances chaloupées aux clapotis singuliers (Aspen, Inka), et ce n’est pas un hasard si l’élément récurrent est l’eau. Les titres sont assez évocateurs à ce sujet : Bàrru («vague»), Njavvi («torrent»), Gorzi («cascade»)... L’attraction majeure reste bien entendu cette voix gutturale et chaude, un brin éraillée et endolorie, grisante et suggestive, qui confine parfois au grommellement et ronronnement animaliers (Boares Rieban, Dalki). C’est ce qui s’appelle esbaudir ses esprits animaux... Pour qui ne connaît pas encore WIMME, Bàrru sera une porte d’entrée idéale. Pour les autres, ce sera un album de plus, mais éminemment plaisant. Stéphane Fougère
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Wimme SAARI – Instinct (Solo Joik) (Rockadillo / Northside)
En
vacances du groupe électro RINNERADIO, avec des membres duquel il avait
enregistré ses quatre précédents disques, le chanteur sàmi Wimme SAARI s’offre
une pause solitaire, acoustique et résolument a capella, comme on dit dans le
métier. Au risque de froisser les fans de l’optique ethno-électro qu’il avait
suivie jusqu’à présent et qui avait fait de lui l’une des figures de proue des
musiques nordiques modernes, WIMME exhibe son organe vocal sans détours ni
atours, dans un élan qui ressemble fort à l’inévitable retour aux sources
brutes. Instinct, le
bien nommé, est l’opportunité pour Wimme SAARI de développer son art âprement
consommé du «joik», ce chant «nu» qui, dans les terres nordiques de Sàpmi, ou
Laponie, est une tradition à part entière. Pour autant, cet album, en termes de
répertoire, n’est pas plus ni moins traditionnel que ses précédents. Sur les 34
joiks, ou chants solistes, qu’il a enregistrés, 3 seulement sont traditionnels
(au demeurant déjà utilisés dans les albums Gierran et Barrù),
auxquels il faut ajouter 6 hymnes à caractère religieux, datant pour la plupart
du XVIIIe siècle. Les 20 autres joiks sont tous composés par
WIMME dans la plus pure tradition «luohti», caractérisée par son emploi de
l’échelle pentatonique sans demi-tons et ses textes dressant le portrait d’un
lieu, d’un être humain ou d’un animal. Tous ont des allures de petites
méditations nourries du quotidien de l’homme. Préparer
son café le matin, faire un feu de bois, contempler les nuages, le ciel, suivre
la rivière, percer un trou dans la glace, grimper une colline sont autant
d’occasions pour WIMME de chanter sa vie, auxquelles s’ajoutent des souvenirs
d’enfance (To Have to), une réflexion sur l’impuissance des mots à
exprimer certains sentiments (Speechless), une imitation du vent (The
Cold and Frosty Wind), ou un simple ronflement (I Stall), et
ce, dans un dénuement musical des plus extrêmes. Seuls quelques bruits naturels
habillent certains joiks : le crépitement du feu (Noon),
l’écoulement d’un ruisseau (The Dream Stream), un chant d’oiseau (The
Shore), ou encore un bruit de moteur, qui vient renforcer les harmoniques
d’un chant de gorge de WIMME (Father). L’effet n’en est que plus
saisissant pour les amateurs du genre ! D’un
joik à l’autre, le timbre de Wimme SAARI, entre baryton et ténor, suffit, dans
son éclatante nudité, à créer une atmosphère magique et subjuguante. Le joik
est présenté comme une pratique journalière, naturelle, un mode de vie et fait
fonction de miroir à la fois extérieur et intérieur. A la fin du disque WIMME
s’en va, et l’on entend son chant de loin, telle une ligne qui trace son
horizon... (Une
piste interactive permet de plus de visualiser une biographie de WIMME, sa
discographie, des traductions de joiks en anglais, en suédois et en finlandais,
et trois extraits vidéo de joiks chantés par l’artiste en extérieur.) Site : www.rockadillo.fi/wimme/ Stéphane Fougère
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