ALIO DIE – Passwords for Entheogenic
Experience (Hic Sunt Leones)
BOUM !… On croyait
que le tiercé de l’ambient était inamovible (ROACH,
RICH, avec éventuellement REYES ou Vidna OBMANA en jour de
forme). Depuis 1994, de nouvelles têtes se pointent à
l’horizon et il semble qu’elles appartiennent d’ores et déjà
à de futurs géants (non, je n’ai pas dit qu’ALIO DIE
avait la grosse tête) : TUU, GRASSOW, BAGHIRI, et ALIO
DIE. Des outsiders qui, artistiquement , sont déjà
des confirmations. ALIO DIE, nom d’artiste de Stephano MUSSO, suite
à la brillantissime collaboration avec RICH (Fissure) pond
ici l’excellent Password… que, pour ma part, je considère de
très loin supérieur à tout ce qui s’est fait
en ambient depuis… euh depuis, disons, Spello de Brian
ENO. Sur une île déserte, si j’amenais trois l’albums,
ce serait sans aucun doute : The
Magnificient Void de Steve
ROACH, Fissure de RICH & ALIO DIE, et cet album. En
un titre de 64 minutes, qui jamais ne lasse contrairement à
pas mal de longs morceaux du même genre (Slow Heat de
ROACH, ou certains passages de Ascension
of Shadow de ROACH &
Vidna OBMANA sont à ce titre particulièrement éprouvants),
bref en un titre Stephano MUSSO s’impose avec la crème de
la crème. On sentait l’homme en forme dans Suspended Feather,
mais de là à faire un bond de ce genre ! Certainement
le premier musicien ayant servi de cobaye pour les O.G.M. Résumons :
… BOUM ! Grosse surprise (voire même très grosse
surprise).
(Pour l’anecdote,
disons qu’il s’agit de nappes de synthé en mineur, avec des
bruitages ; pour l’essentiel, retenons que c’est de la musique,
de la vraie, ce qui dans ce genre ambiant reste rare.) Disponible
chez Wave.
Héry, Le Chroniqueur Fou
Vidna OBMANA
& ALIO DIE – Echo Passage (Musica Maxima Magnetica)
Ça plane et ça
plane. Vidna et ses nappes me mettent, je l’avoue, un peu mal
à l'aise. ALIO DIE essaie en vain d’épaissir la
tessiture, le malaise persiste, et seul le final puissant finit
par avoir raison de Vidna OBMANA.
Héry
ALIO DIE - Incantamento
(Hic Sunt Leones)
ALIO DIE, le pape de l'ambient italienne, nous propose en deux titres une descente dans les profondeurs de l'âme. Le premier, Alunae, composé en majeur (influence Vidna OBMANA?) voudrait nous rappeler l'Eden en 50 minutes. Le second moins ambitieux (20 minutes) porte le titre bien nommé de Waters, avec un rythme simple de cymbales superposées sur une nappe éveille en l'auditeur un état de vigilance mystique, d'attente et d'apaisement tout à la fois. Cette sensation assez typique de Stephano MUSSO (on se rappelle à l'occasion de Fissure en collaboration avec Robert RICH, ou de Password for entheogenic experience), laisse ici penser que le label Hic Sunt Leones semble désormais se tourner résolument vers une musique moins crispante, moins ésotérique que par le passé, plus harmonieuse, que confirme la distribution de The Reborn of the Rebel Angel de OPIUM qui, comme cet
Incantamento
, fond sous l'oreille. De plus, la jaquette du boitier contient des fleurs séchées, dernier signe de l'esprit anti-commercial et novateur de Hic Sunt Leones. Tout en restant underground dans sa démarche, le label finit par ressembler comme un frère à Arya, également italien, qui d'emblée s'était tourné vers les lumières angéliques du new age.
Héry
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