Phillip PERIS – Didgeridoo
(Cinq Planètes – 1997)
Le didgeridoo est un instrument aborigène du Nord de l’Australie, vieux de plus de 60 000 ans, fait d’une branche d’eucalyptus creusée naturellement par les termites. Le joueur utilise la technique du souffle continu afin de sortir de cet instrument peu commun des vibrations, bourdonnements et cris d’animaux ; il se sert de sa langue et de ses lèvres pour moduler les sons. Phillip PERIS surnomme volontiers son instrument « synthétiseur acoustique ».
Originaire de Malaisie, il émigre très jeune en Australie où il s’intéresse à la culture aborigène et à cet instrument. Il arrive à Londres en 1988, où il participe à un enregistrement du groupe irlandais HOTHOUSE FLOWERS. La mode est lancée. Apparaissent ensuite les YOTHU YINDI, groupe aborigène funk, qui intègrent à des rythmes occidentaux les danses traditionnelles et le didgeridoo.
Phillip PERIS, pour sa part, a laissé de côté rythmes rock ou funk pour tenter une expérience plus proche des musiques new-age ou contemporaines. Après une expérience solo (Didgeridoo Dreamtime) et une rencontre avec les tambours afro-guadeloupéens (Ethiopie Dreaming), il est accompagné sur deux morceaux de ce nouvel album par Trân QUANG HAI à la guimbarde et au chant diphonique (deux sons sont émis par une même gorge, selon la technique du chant des moines tibétains), qui se marient parfaitement au didgeridoo.
Promenades, légende, rêve, c’est ce qu’évoque cet album nommé sobrement Didgeridoo. Comment l’écouter dans les meilleures conditions ? Voici la recette. S’allonger sur quelque chose de confortable, et fermer les yeux. Imaginer un paysage paradisiaque, et se laisser emporter par les vibrations de l’instrument. Vous verrez ainsi défiler devant vous des paysages différents, vous entendrez des cris d’animaux sauvages, le vent dans les arbres… Et lorsque vous réveillerez, si vous vous réveillez, vous en demanderez encore.
C’est donc là la nouvelle drogue de l’an 2000. Le paradis sans acide et sans synthés. À consommer sans modération.
Sylvie Hamon
(Chronique originale publiée dans
ETHNOTEMPOS n° 1, novembre 1997)