SOLDAT LOUIS- En vrai
(Déclic Communication)
« Il y a dix ans, s’est plu un jour à rappeler Jean-Pierre PICHARD, alors directeur du Festival de Lorient, un type est entré dans mon bureau, m’a collé un casque de walkman sur les oreilles et m’a dit : alors tu nous prends ? » Ce type, il est de Lorient, c’est SOLDAT LOUIS, et Jean-Pierre PICHARD a eu le nez fin en le prenant (quelqu’un qui écrit un bouquin sur le whisky ne peut d’ailleurs avoir que le nez fin) car, dix ans plus tard, SOLDAT LOUIS fêtait son anniversaire au Festival dans une salle pleine à craquer qui a même dû refuser du monde !
Ce CD, enregistré en concert en 1997 au Festival Chanson du Pays de Lorient, reprend les grands succès, pour faire patienter un peu les fans en attendant le prochain album qui est en préparation. Et les succès, eh bien, mine de rien, il y en a eu un baquet en dix ans (euh, pardon, un paquet…) ! Une heure et quart de concert, de fiesta pour s’éclater jusqu’à avoir le mal de mer, au son électrifiant des instruments rock mêlés aux cornemuses, bombardes, flûtes et accordéons de Christophe MORVAN et Loïc TAILLEBREST, relevés par quelques fulgurants solos de guitare électrique et par les interventions hautes en couleurs du BAGAD DE L’EXTRÊME.
Tous les hymnes de SOLDAT LOUIS figurent sur ce CD, au son impeccable, de la profession de foi C’est un pays, en passant par Tirer des caisses, Pavillon noir, Martiniquaise, à l’incontournable Du rhum, des femmes (Toujours les mêmes, ces marins ! Rien n’a donc changé depuis BREL ?).
C’est même émouvant d’entendre le public entonner Encore un rhum alors que l’intro aux claviers commence à peine, et reprendre en chœur le refrain. On appréciera aussi au passage les photos et la reproduction dans le livret des textes au langage “fleuri”, presque tous écrits par Gary WICKNAM, qui nous arrivent dans la gu… comme un coup de poing (comme ceux de son frangin RENAUD), et on regrettera un peu nos bons vieux 33 Tours pour la lisibilité.
Allez, on s’achète une petite loupe pour réviser avant le prochain concert et on n’oublie pas d’y aller, car rater un concert de SOLDAT LOUIS, c’est un peu comme rater une occasion de faire la fête, comme en témoigne cet enregistrement.
Sylvie Hamon
(Chronique originale publiée dans
ETHNOTEMPOS n°3 – octobre 1998)