DAS RAD – Adios Al Futuro
(Discus Music)
Il n’y a pas si longtemps, il y a tout juste un an, je vous avais déjà parlé de DAS RAD, à propos de leur premier album, baptisé… Das Rad. Ben oui, pourquoi faire compliqué quand on peut faire basique ? Enfin, pour un titre de premier album. Parce que, pour ce qui est leur musique, c’est une toute autre histoire. Rappelons les fondamentaux, à savoir d’abord qu’on joue là dans la cour des très grands. DAS RAD est un trio, mais chacun de ses membres vaut à lui seul son lourd pesant de respect et d’admiration.
Citons tout d’abord Steve DINSDALE, qui joue de la batterie et parfois des claviers au sein du très mythique trio électronique anglais RADIO MASSACRE INTERNATIONAL. Citons ensuite Nick ROBINSON, un as absolu des boucles de guitare, qu’il fait naître, évoluer et disparaître à son gré, tel un magicien du son. Citons enfin Martin ARCHER, qui en multi-instrumentiste accompli, joue aussi bien du saxophone, de la clarinette, de la flûte ou des claviers, officie au sein de rien moins qu’ORCHESTRA OF THE UPPER ATMOSPHERE et COMBAT ASTRONOMY, et qui, excusez du peu, a également fondé le label Discus Music.
Alors, quand trois musiciens de cet énorme calibre entrent dans le même studio, on est d’ores et déjà certain de la qualité stratosphérique du résultat. De fait, donc, le DAS de Adios Al Futuro est resté le même que pour Das Rad. Et le niveau de jeu et de composition est resté également le même, c’est à dire tout à fait ébouriffant. Ce qui donne huit morceaux riches, denses et passionnants, d’où se détachent plus particulièrement les deux pièces majeures et magnifiques que sont Inside Reverse et Tiefes Blau, dont la durée dépasse les dix minutes. Tout cela est audacieux, raffiné, maîtrisé, toujours excellent. Du très grand art, vraiment, tout comme pour le premier album.
Ce qui a changé, car d’évidence quelque quelque a bien changé, c’est l’urgence distillée à grosses gouttes dans tout cela. Eh oui !, on dit adieu au futur, comme un écho au « No Future » des punks, et on se dépêche de vivre tant qu’on le peut encore, de profiter du bon temps qu’on encore prendre avant que demain ne soit plus qu’un néant ! Alors DAS RAD met encore plus de tout dans sa recette déjà fabuleusement riche. Plus de rythmes, plus de guitares, plus de mellotron, plus de tout vous dis-je !
Dans un film musical des années 1970 dont j’ai oublié le titre, un guitariste disait aux autres membres de son groupe : « Il faut jouer fort pour ne pas entendre le monde s’écrouler. » Adios Al Futuro, c’est un peu ça, une dernière danse endiablée avant qu’aujourd’hui ne tombe dans l’oubli.
Mais quand c’est fait par des musiciens de ce niveau-là, on se console de l’Apocalypse à venir en se disant que ce ne sera après tout qu’un rappel dément à la fin un monstrueux concert !
Frédéric Gerchambeau
Page : https://discusmusic.bandcamp.com/album/adios-al-futuro-94cd
Label : https://discus-music.co.uk/