DEUS EX MACHINA – Devoto
(Cuneiform Records / Orkhêstra Int.)
Il est possible de définir ainsi les auditeurs de DEUS EX MACHINA : les fans irréductibles et ceux qui ne connaissent pas encore ce groupe italien ahurissant de talent, tellement que son style est inclassable, quelque chose entre le rock progressif le plus avant-gardiste et le jazz-fusion le plus élaboré. Si élaboré d’ailleurs que pour ne pas trop bouillir les méninges de ses admirateurs, la formation s’est efforcé d’en revenir à un style plus instinctif, sanguin, massivement rock. Et ça donné ce nouveau Devoto.
Mais comme on ne refait pas comme ça, un groupe qui a décidé une fois pour toutes que sa musique se doit d’être intéressante, Devoto à son lot, en même plus, de méandres, d’étrangetés et d’énigmes. Cependant, oui, DEUS EX MACHINA a au moins fait un réel effort : Devoto est chanté en italien et non plus en… latin, ce qui était le cas des albums précédents. « Un groupe chantant en latin ? Ah, les gentils originaux ! » me direz-vous. Détrompez-vous.
Le prestigieux magazine AllMusic a écrit d’eux qu’ils sont « one of the most extraordinary bands in the entire music universe. » Dois-je traduire ? Tout n’était pourtant pas gagné d’avance. Car le premier album du groupe, Gladium Caeli (l’épée céleste, autrement dit l’éclair), paru en 1991, est loin de faire l’unanimité. On salue l’effort d’une musique inventive, enthousiaste et bourrée d’énergie mais on descend en flamme son côté brouillon, emberlificoté et son jeu encore très amateur. Car oui, nos jeunes musiciens, pas plus de vingt ans à l’époque sont tous pratiquement autodidactes !
Mais ils ont une foi inébranlable en eux et dans l’avenir du groupe. Alors ils ont travaillé encore et encore, répété comme des dingues, amélioré en continu ce qui en avait besoin et affiné à l’envi leur style. Et quand, en 1995, est paru De Republica, leur troisième album, la transformation était complète… et saisissante ! Depuis, les éloges n’ont pas cessé de pleuvoir sur DEUS EX MACHINA.
Et Devoto ne fait pas exception. Si je vous dis que cet album est un festival de mélodies aussi subtiles qu’étincelantes, de rythmes aussi complexement forgés qu’hypnotiques, je suis encore loin de tout vous révéler de ses beautés et surtout de ses surprises.
Alors si vous adorez les albums emphatiques, éparpillés et volcaniques, ne passez surtout pas à côté de ce Devoto de DEUS EX MACHINA, vous allez être comblés !
Frédéric Gerchambeau
Page : https://cuneiformrecords.bandcamp.com/album/devoto
Label: www.cuneiformrecords.com
Distribution : www.orkhestra.fr