Steve HACKETT – Cured in Cleveland : The Agora Ballroom Broadcast 1981
(Leftfield Media)
Depuis quelques années, nous pouvons voir circuler une profusion d’enregistrements louches, des « radio broadcasts » parus sur des labels très obscurs. Ces nombreux live, qui oscillent entre le statut de documents semi-officiels et celui (plus vraisemblable) de documents non-officiels, existaient pour la plupart sous la forme de bootlegs à la grande époque, dans les années 1980-1990. En achetant ces live, rappelons que les musiciens concernés ne perçoivent rien. Cette fois-ci, il s’agit de Steve HACKETT qui est mis à l’honneur, bien malgré lui, avec ce double CD enregistré à Cleveland le 20 octobre 1981.
Ce concert est complet et il est exceptionnel à tout point de vue, à la différence du désastreux GENESIS intitulé All I Need is a Miracle (New York 1988) qui est une arnaque pure (prestation d’une vingtaine de minutes, un medley en fait se trouvant sur une seule piste, avec des coupures à chaque changement de morceaux). Donc, il faut vraiment faire attention à ce qui sort parce que ces labels plutôt obscurs peuvent être malhonnêtes.
Donc, avec ce live inédit à Cleveland, nous sommes transportés en plein cœur de la tournée de 1981, faisant suite à la parution de son disque Cured. Le groupe de Steve, quelque peu différent de celui de la période 1978-1980, comprend Nic MAGNUS (claviers), John HACKETT (flûte, guitare), le bassiste Chas CRONK et le batteur Ian MOSLEY.
La set list ne propose que quatre titres du dernier album (The Air-Conditioned Nightmare, Funny Feeling, Picture Postcard, Overnight Sleeper).
Cured est un album mal aimé, mais avec le temps, il reste attachant avec de bonnes mélodies et des chansons toutes simples. Il possède une atmosphère assez unique qui n’existe plus aujourd’hui, et il contient quelque compositions réussies et même poignantes (Turn Back Time).
À cette époque, HACKETT est devenu le chanteur principal (nous l’entendons sur les extraits issus de Cured ou The Show provenant de l’album Defector) et nous constatons qu’il n’est pas encore très à l’aise dans ce rôle qui le place davantage sur le devant de la scène. HACKETT n’est pas un chanteur exceptionnel certes mais il reste un guitariste toujours aussi fabuleux, unique.
De ce concert, ce sont surtout les nombreux titres instrumentaux qui vont faire vibrer les fans: Ace of Wands, A Tower Struck Down, The Steppes, Please Don’t Touch ou les classiques de Spectral Mornings nous font regretter de ne pas avoir pu assister à un tel concert. Les versions sont intenses, passionnées et le groupe nous transporte ailleurs dans des univers antiques, féériques, mélancoliques, rêveurs ou plus oppressants.
Il est vrai que nous connaissons ces morceaux depuis longtemps (et il y a déjà eu des enregistrements officiels de cette tournée), mais c’est toujours un vrai plaisir d’entendre un bon concert et de se laisser porter par un Red Flower of Tai Chi toujours aussi dépaysant ou par les ambiances inquiétantes de Tigermoth, A Tower Struck Down et Clocks au final cataclysmique.
Notons que le CD 2 propose aussi une longue interview avec Steve réalisée en 2016.
Cédrick Pesqué