Typhaine CORRE & Tangi LE GALL-CARRÉ – Gouloù mil Steredenn

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Typhaine CORRE & Tangi LE GALL-CARRÉ – Gouloù mil Steredenn
(Paker Prod)

Gouloù mil steredenn, ça veut dire en breton « la lumière de mille étoiles ». Et par étoiles, on ne parle pas de ces « stars » éphémères et préfabriquées, mais bien de ces étoiles pérennes dans l’azur nocturne qui éclairent les chemins de vie de tout un(e) chacun(e). Ce sont aussi ces étoiles que l’on cultive intérieurement, ou encore ces étoiles dans les yeux que savent faire briller les artistes « entiers », comme ceux qui nous occupent ici, Typhaine CORRE et Tangi LE GALL-CARRÉ. Ces deux figures de la scène musicale actuelle de Bretagne sont pleinement imprégnés de leurs culture et langue régionales. Autant vous dire qu’avec eux, c’est en « version originale dans le texte ».

Parallèlement à l’aventure du groupe STARTIJENN, qui se poursuit au moins un quart de siècle et qui l’a fait connaître, l’accordéoniste diatonique Tangi LE GALL-CARRÉ a étendu sa notoriété dans le paysage musical breton et notamment dans les festoù-noz avec le duo qu’il forme avec le guitariste Erwan MOAL, ainsi qu’en participant à la création de la troupe Strollad Ar Vro Bagan intitulée War Hent Youenn Gwernig et consacrée au fameux écrivain, poète, musicien et chanteur breton, sans oublier son tout premier album solo, Neus, sorti en 2021. Pour Gouloù mil Steredenn, il s’associe à la chanteuse Typhaine CORRE, sa compagne à la scène comme à la ville, déjà entendue en invitée dans le LE GALL-CARRÉ / MOAL duo (et quartet), et avait enregistré pour l’album Touellwel une chanson qui a dû faire le tour de la toile en 2018, An hini karetañ.

Cette fois, c’est un album de douze chansons et une pièce instrumentale que nous livre ce talentueux et inspiré duo diato/voix, secondé par quelques complices. C’est ainsi que l’on retrouve le bassiste et contrebassiste Julien STEVENIN, camarade de Tangi dans STARTIJENN et qui occupe de plus le poste de directeur artistique sur ce projet ; le percussionniste Jérôme KERIHUEL (collaborateur de Didier SQUIBAN, Jean-Louis LE VALLÉGANT, Dan Ar BRAZ, et membre des groupes NDIAZ, PEVARLAMM et… STARTIJENN, tant qu’à faire !) ; le mandoliniste, guitariste et joueur de banjo Jack TITLEY (Jack TITLEY & THE BIZNESS, THE WACKY JUGS) et le tromboniste Simon LATOUCHE (NATÂH BIG BAND), particulièrement à l’honneur sur Nec’hamant.

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Si le chant principal est dévolu bien évidemment à Typhaine CORRE (dont la voix parvient sans peine à résonner agréablement dans les têtes), il arrive qu’elle soit épaulée en second plan par trois autres voix, celles de Gwenn An DREO, Justine MORVAN et Perynn BLEUNVEN (Rouanez al laeron, Mari Vorgan), quand Tangi LE GALL-CARRÉ ne lui prête pas aussi subrepticement sa voix.

C’est donc toute une équipe musicale qui opère derrière le répertoire du duo afin de proposer des arrangements maison et de varier les orchestrations d’une pièce à l’autre, tirant ce duo folk vers le jazz, le blues, le musette, la country, la valse, au gré des envies. Les musiques sont composées par Tangi, tandis que les textes des chansons ont été empruntés aux œuvres de la poétesse Naig ROZMOR (Anne CORRE) et de l’écrivain Hervé Ar GALL (le père de Tangi). Il y est notamment question de ces figures féminines qui ont œuvré pour l’émancipation et le droit des femmes.

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Que l’on nous présente la « Reine des voleurs » (Rouanez al laeron), la « Fille de l’Art nouveau » (Plac’h an Arz-Nevez), une sirène (Mari Vorgan), une fabricante de tamis (La Tamisier), ou qu’il soit question d’ « Anxiété (Nec’hamant), de « Fureur rouge » (Fulor Ruz), de « Promesses » (Promesaoù) plus ou moins tenues, le ton général est enjoué, dynamique, folâtre, parfois plus emprunt de douceur, et même un peu plus troublant sur Da viken (Pour toujours), qui clôt le disque. La production est soignée juste ce qu’il faut, et les arrangements ne souffrent pas de surcharge inutile.

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De cette « lumière de mille étoiles », il émane en tout cas – et tant pis si les termes paraissent galvaudés – une pureté, une fraîcheur, un naturel et une sincérité qui font du bien aux oreilles et balaye les éventuels penchants vers la lassitude que celles-ci peuvent parfois ressentir. Il n’y a pas de doute, Typhaine CORRE et Tangi LE-GALL CARRÉ savent faire vibrer les étoiles, et font crépiter le plus beau des feux dans les cœurs et dans les esprits.

Stéphane Fougère

Label : https://www.pakerprod.bzh

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